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Le printemps 2026 fut riche en élections dans la région franco-valdo-genevoise ! Élections locales dans le Canton de Vaud, élections locales en France suivies d’élections non directes au Pôle métropolitain, élection complémentaire cantonale à Genève…

Quel impact peuvent-elles avoir sur le fonctionnement du « Grand Genève » en particulier ? C’est aussi l’occasion de revenir sur le millefeuille institutionnel qui compose cette agglomération.

Changement ou continuité du personnel politique ?

Au canton de Genève, le Vert Nicolas Walder succède, à la tête du département du Territoire, à un autre Vert, Antonio Hodgers, démissionnaire. Il a gardé presque le même périmètre de compétences, moins l’énergie passée au département de l’Économie. On retiendra que, dans la foulée, il a été nommé – comme l’était son prédécesseur – Président de l’Agglomération (GLCT) du « Grand Genève ». C’est un pro-Européen engagé.

Au plan strictement local, les élections vaudoises n’ont guère chamboulé les équilibres au sein du district de Nyon, avec une prépondérance de modérés ou d’ententes communales sauf à Nyon, mais où pourtant l’élection du 26 avril au poste de Syndic a été remportée par un candidat de droite (Olivier Riesen). En France voisine, au-delà du renouvellement de certaines personnes, les équilibres majoritairement de centre à centre-droit n’ont guère bougé. Le seul fait notable a été la défaite de la liste socialiste destinée à succéder au Maire d’Annemasse, Christian Dupessey, qui ne se représentait pas, au profit d’une liste menée par l’ancien Maire de Saint-Cergues et président de l’Agglomération d’Annemasse, Gabriel Doublet, censé être un peu plus à droite, bien qu’il y ait peu de différences.

La complexité institutionnelle locale caractérise le « Grand Genève »

En Suisse, les cantons disposent d’une très large autonomie dans l’organisation des villes et communes de leur territoire. Nulle surprise donc qu’il y ait des différences entre Genève et le district de Nyon. Le chef de l’exécutif communal dans le canton de Vaud (Syndic) est élu – à l’instar du Maire français – pour toute la durée de la législature (5 ans), alors que le Maire genevois change chaque année au profit d’un autre membre du collège exécutif, sauf dans les très petites communes. L’exécutif collégial (Conseil administratif) se compose de 3 personnes, et 5 en Ville de Genève. Un instrument de contact des 45 autorités locales avec le Canton est l’Association des Communes Genevoises (ACG) dont le président actuel est le Conseiller administratif de Vernier (38’000 h.), Martin Staub. Dans le canton de Vaud, l’exécutif s’appelle Municipalité et comprend entre 3 et 9 membres, le nombre étant décidé par l’assemblée communale (Nyon en a 7, comme Lausanne). Les Syndics qui, comme en France (mais pas comme à Genève), concentrent beaucoup de pouvoirs, sont élus directement. Sur la base des élections du 26 avril (premier tour) et 17 mai (second), l’instance exécutive de la région de Nyon (qui dispose de deux représentants au sein du « Grand Genève ») sera renouvelée fin juin… mais il y a très peu de suspense, et Frédéric Mani (Syndic de Dully) devrait conserver la présidence.

L’importance des intercommunalités du côté français

On distingue en France quatre types d’intercommunalités disposant d’une fiscalité propre. Deux d’entre elles jouent un rôle central dans l’Agglomération du « Grand Genève ».

Les Communautés d’agglomération (ou « Agglomérations », ou « Agglos ») sont des intercommunalités d’un seul tenant regroupant au moins 50’000 h. avec une ou plusieurs communes de plus de 15’000 h. Le Pays de Gex et ses 27 communes pour 105’000 h. est (depuis 2019) organisé de cette manière, de même que l’Agglomération d’Annemasse – Les Voirons (95’000 h.). Les 6 autres intercommunalités du Genevois français sont des Communautés de communes. Et ces 8 intercommunalités sont regroupées dans ce qui est depuis 2017 le « Pôle métropolitain du Genevois français ».

Les « conseillers communautaires » ont été élus directement en mars 2026 sur les listes des conseillers municipaux, lesquels élisent ensuite le Président et les vice-Présidents qui forment l’exécutif des intercommunalités. Cette élection a eu lieu lors de leur première réunion en avril 2026.

L’assemblée du Pôle métropolitain est curieusement appelée « Comité syndical ». Y siègent, non la CGT ou FO, mais 48 représentants élus des 8 intercommunalités membres, en proportion de leurs populations respectives, avec un minimum de 2 délégués par intercommunalité. Ils élisent lors de leur réunion constitutive le Président, les vice-Présidents et le Bureau qui forment l’exécutif du Pôle métropolitain.

Les représentants au « Comité syndical » ont été désignés début mai, et l’élection de l’exécutif est intervenue le 22 mai : par un vote unanime (il était l’unique candidat), Gabriel Doublet a succédé à son prédécesseur à la Mairie d’Annemasse au poste important de Président du Pôle métropolitain du Genevois français.

Impact des élections sur la conduite du « Grand Genève » ? A priori faible…

Pour reprendre cette célèbre réplique d’Alain Delon dans Le Guépard de Visconti : « Il faut que tout change pour que rien ne change ». Telle est l’impression d’ensemble…

On le sait, il n’y a pas d’élection directe des instances dirigeantes du Grand Genève. Ainsi, les effets des élections à la base – qui dans notre région n’engendrent d’ailleurs pas souvent de grands bouleversements – se trouvent considérablement amortis lorsqu’on se situe au 2e ou 3e degré.

Ainsi, les personnes peuvent changer par petites touches, mais la continuité est largement de mise dans la conduite du « Grand Genève », faite d’ajustements patients plutôt que de décisions à l’emporte-pièce. Ajoutons-y le rôle très important que jouent les administrations de part et d’autre, dans le déroulé et dans le suivi de ces dossiers souvent très techniques, avec parfois (comme pour les investissements lourds de la mobilité) des programmations à long terme. Certes, l’arrivée de nouvelles personnalités peut légèrement accélérer ou ralentir les choses, mais guère spectaculairement les transformer.

Créée à Genève en 1996 en lien avec le Conseil de l’Europe, la FEDRE s’intéresse depuis toujours aux régions transfrontalières. En 2023, elle a noué un partenariat avec le Crédit Agricole next bank pour étudier l’effet-frontière sur le pourtour de la Suisse. Voici les numéros parus : 1. L’aide alimentaire ;  2. Difficultés du secteur de la santé ; 3. L’eau ; 4. La culture ; 5.  l’indemnisation du chômage des frontaliers ; 6. L’idée d’une carte de résident frontalier ; 7. Mobilité durable en agglomération transfrontalière ; 8.  Aspects européens des coopérations transfrontalières ; 9. Diversité des systèmes d’imposition des frontaliers ; 10. Spécificité de la Suisse dans la comptabilisation des chômeurs ; 11. Planification de transports durables en agglomération frontalière ; 12. Contribution de la culture à une identité partagée ; 13. Importance croissante des phénomènes frontaliers ; 14. Rôle du sport dans les relations transfrontalières ; 15. Démocratie en région transfrontalière ; 16. Ressources forestières transfrontalières ; 17. Les associations de travailleurs frontaliers ; 18. Avenir de la mobilité en territoire transfrontalier ; 19. « Grand Genève » ; 20. Agriculture en région franco-genevoise ; 21. Défis de la révolution industrielle 4.0 ; 22. Mise en regard des expériences de Bâle et de Genève ; 23. Développements transfrontaliers du tourisme autour du Lac Léman ; 24. Pacte démocratique à l’échelon transfrontalier ; 25. Mettre l’Humain au cœur du « Grand Genève » ; 26. Le Forum d’agglomération du « Grand Genève ».