Énergie
Pour une mesure précise de l'énergie grise des bâtiments
12.03.2018

Elle est un enjeu majeur de la crise climatique mais peu de personnes la mesure avec rigueur. L’énergie grise des bâtiments mérite plus de transparence et la mise en place de normes internationales. C’est le message d’un ouvrage de référence co-rédigé par Francesco Pomponi, Alice Moncaster et Catherine De Wolf, post-doctorante à l’EPFL.

Catherine De Wolf, architecte et ingénieur en génie civil, est en post-doctorat à Fribourg au Laboratoire d'exploration structurale (SXL) du smart living lab. Avec Francesco Pomponi, premier auteur, et Alice Moncaster, qui encadrait ses recherches à l'Université de Cambridge, elle présente dans un ouvrage des recherches inédites sur l’énergie grise menées par des experts internationaux. Un bilan aussi nécessaire que d’actualité, précise la chercheuse: «A l’issue des Accords de Paris sur le climat, de nombreux pays ont accepté de prendre des mesures pour limiter leur production de CO2 dans la construction. Or, il n’existe pas encore de consensus au niveau international sur la façon de mesurer les émissions liées à l’énergie grise de ce secteur. Il était donc temps de proposer un livre de référence qui offre une synthèse des connaissances récentes sur le sujet.»

Mais de quoi parle-t-on exactement? Du «carbone gris», aussi appelé «carbone intrinsèque» ou, en anglais, embodied carbon. Ces termes désignent en construction le bilan CO2 lié à l’énergie grise d’un bâtiment. Le carbone gris comprend les émissions de gaz à effet de serre produites durant l’extraction des matériaux nécessaires à la construction d’un bâtiment, leur transport, la phase de chantier, les rénovations, puis la démolition, jusqu’à la potentielle revalorisation des matériaux. Il n’inclut pas celui du «carbone opérationnel» lié à l’exploitation. Ce dernier comprend notamment la consommation d’électricité, de chauffage ou d’eau chaude.