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Un mammifère américain sur dix ne survivra pas au changement climatique

Adieu bisons, lamas et caribous? Les mammifères qui peuplent le continent américain pourraient avoir du mal à s’adapter au changement climatique, selon une étude parue le 14 mai dans Proceedings of the National Academy of Sciences. Un mammifère sur dix, et dans certaines régions quatre sur dix, pourraient disparaître faute de se déplacer assez rapidement pour trouver de nouveaux habitats correspondant à leurs besoins.

Les souris prennent de l’avance sur les singes

«Nous sous-estimons la vulnérabilité des mammifères au changement climatique lorsque nous faisons des projections climatiques et surtout nous ne prenons pas en compte leur capacité à se déplacer et se disperser dans de nouvelles régions», explique Carrie Schloss, de l’université de Washington. En particulier, ce sont les primates, tamarins, atèles, ouistitis et singes hurleurs, qui seraient les plus menacés de ne pas retrouver d’habitat adapté, tandis que les coyotes et les loups seraient les mieux armés pour le déménagement.

Les scientifiques ont croisé des données climatiques, basées sur des prévisions d’évolution des émissions de CO2, avec les informations disponibles sur la rapidité de déplacement des populations d’animaux. Celle-ci dépend notamment de la rapidité avec laquelle les animaux se reproduisent: ainsi, les petites souris ne vont pas très loin du fait de leur taille, mais leur rapide reproduction permet à la population de rongeurs de se disperser très rapidement. Rien à voir avec les primates, qui eux n’atteignent la maturité sexuelle qu’après quelques années passées avec leurs mères, autant de temps «perdu» pour la propagation de l’espèce.

Créer des chemins entre les zones habitables

Sans compter qu’ils vivent dans des forêts tropicales dont la surface diminue d’année en année. «Il est important de souligner que lorsque le climat a changé dans le passé, entre les aires glaciaires et interglaciaires, le paysage n’était pas dominé par les champs agricoles, les autoroutes à quatre voies et les parkings, note Joshua Lawler, co-auteur de l’étude. Les espèces pouvaient se déplacer plus facilement.» Les chercheurs estiment que jusqu’à 75% des primates pourraient ainsi se trouver sans domicile. «Nous pouvons les aider en créant des chemins vers les nouvelles zones habitables qui évitent les zones peuplées par l’homme, poursuit Joshua Lawler. Et pour les espèces qui ne peuvent pas tenir le rythme, il faut réduire les stress qui ne sont pas liés au climat. Mais la seule manière d’être sûr que les espèces aient le temps de s’adapter, il faut réduire les émissions de gaz à effet de serre pour ralentir le changement climatique.»

Source : 20minutes.fr