BRUXELLES - Un an après la catastrophe de Fukushima au Japon, le nucléaire a repris des couleurs dans l'Union européenne grâce à des tests de résistance dont les résultats sont dénoncés par les écologistes comme un alibi pour développer cette source de production d'énergie.
Une parenthèse dans le débat est en train de se refermer. Selon l'industrie, les tests de résistance ont démontré que le nucléaire est sûr et donc qu'on peut continuer, a déploré mardi l'eurodéputé Vert français Yannick Jadot au cours d'une conférence de presse.
On est dans la volonté de nier le risque, a-t-il soutenu.
L'accident de Fukushima a porté un rude coup à l'industrie du nucléaire. Il a fait tomber le dernier mythe, celui du risque zéro, soutient Yannick Jadot.
L'Allemagne, puis la Belgique ont décidé de sortir du nucléaire et un vent d'incertitude a soufflé sur l'Europe. Mais un an après, il est retombé. 24 nouveaux réacteurs sont en projet, dont six sont en construction: deux en Bulgarie, un en Finlande, un en France et deux en Slovaquie.
La crise économique et le renchérissement des coûts de l'énergie ont poussé de nombreux dirigeants à évoquer l'accroissement de la durée de vie des installations existantes, même si elle ont été édifiées dans des zones à risque et se retrouvent aujourd'hui au coeur d'agglomérations.
Prenez une carte de l'Union européenne et tracez un cercle de 80 km autour des 143 réacteurs, car c'est le périmètre d'évacuation en cas d'accident et vous aurez une vue du problème, a souligné Yannick Jadot. GreenpeaceEU a mis en image cette carte avec un lien sur son compte twitter.
La vice présidente du groupe des Verts au Parlement européen, l'Allemande Rebecca Harms, de retour d'une visite au Japon, a accusé l'AIEA (Agence Internationale de l'Energie Atomique) de participer à cette stratégie.
Elle fait passer la catastrophe de Fukushima comme un problème purement japonais, et se montre tout à fait irresponsable, a-t-elle accusé.
Gunther Oettinger, le commissaire européen en charge de l'Energie, a défendu mardi la crédibilité des tests réalisés dans les 14 pays de l'UE où 143 réacteurs sont en exploitation. Les rapports ont décelé des problèmes, mais aucune recommandation de fermeture n'a été formulée.
Ces tests sont stricts, objectifs et sérieux. Nous vérifions la sûreté des installations nucléaires et si elles peuvent résister à des catastrophes naturelles, à des accidents d'avion et à des erreurs humaines, a-t-il assuré dans un communiqué.
Les écologistes sont en désaccord. Sous l'influence de la France et du Royaume-Uni, les tests ont été réduits à leur plus simple expression, a affirmé Yannick Jadot.
On essaie de faire croire que les problèmes sont terminés, et comme le coût des installations a augmenté, on rallonge la durée de vie des installations existantes, a-t-il déploré.
Ces tests ont un compromis politiques, a renchéri Rebecca Harms.
La Commission se retranche sur la dernière phase des tests de résistance actuellement cours: l'examen des rapports nationaux par des experts des autres Etats de l'UE. Il devrait être terminé pour avril et la Commission devrait présenter ses recommandations pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement en juin.
Mais la décision de fermer ou de maintenir une installation appartient aux Etats, a-t-elle reconnu.





