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Les Régions dans l'agenda climatique international

Longtemps ignorées des négociations internationales, les Régions cherchent à s'imposer comme des acteurs à part entière dans la lutte contre le changement climatique. Leur action de lobbying en la matière s'est développée, mettant l'accent sur l'efficience de l'échelon infra-étatique.

Au plan international, 2010 marquera la reprise de la négociation climatique. L’étape intermédiaire la plus importante avant la réunion de Cancun se déroulera à Bonn, entre le 9 et le 11 avril. Les négociateurs en charge des questions climatiques tenteront alors d’arrêter un programme de travail. Le 1er juillet, Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique (UNFCCC) quittera ses fonctions. Enfin, les parties se réuniront officiellement à Cancun, au Mexique, du 29 novembre au 10 décembre.

L’enjeu de la Conférence de Copenhague de décembre 2009 était de remplacer le protocole de Kyoto, qui arrive à échéance en 2012, par un nouvel accord de l’ONU sur le changement climatique. Après l’échec de Copenhague, la 16e conférence internationale sur le climat a également pour objectif de préparer la période post 2012.

Jusqu’alors, l’échelon infra-étatique n’a été présent qu’en marge des négociations internationales sur le changement climatique. Le lobbying récent des Régions sur ces questions vise à faire reconnaître la pertinence de ce niveau d'action. Les Régions commencent à jouer un rôle dans la lutte contre le changement climatique, et espèrent pouvoir faire entendre leur voix lors de la prochaine conférence internationale au Mexique.

Ce mouvement s’inscrit dans la tendance actuelle, marquée par le développement d’une culture de la « gouvernance multi-niveaux » au sein de l’Union européenne. Le Traité de Lisbonne a d’ailleurs renforcé le poids des régions au sein de l’UE, conformément à cette tendance.

« 50 Ă  80% des actions concrètes visant Ă  rĂ©duire les Ă©missions de gaz Ă  effet de serre et quasiment 100% des mesures d’adaptation aux consĂ©quences du changement climatique sont conduites Ă  un niveau infra-Ă©tatique Â», avait dĂ©clarĂ© Yvo de Boer, le plus haut responsable de l’ONU en charge des questions climatiques, Ă  Poznan, en 2008. Ces chiffres, mis en avant Ă  maintes reprises par les RĂ©gions, mettent en exergue le rĂ´le substantiel jouĂ© par celles-ci dans la mise en Ĺ“uvre concrète de la lutte contre le changement climatique.

Elles se présentent ainsi comme les seules entités politiques à même de maintenir la mobilisation après Copenhague.

Des objectifs plus ambitieux 

La déclaration qui a finalement émergé à Copenhague est symptomatique de la difficulté d'accorder l’ensemble des Etats sur un texte unique. Selon des représentants de réseaux de collectivités, c’est pour cette raison que l’échelon local serait le plus efficient dans la mise en place des mesures d’atténuation et d’adaptation contre le changement climatique.

Le directeur chargĂ© des coopĂ©rations externes du RĂ©seau de Gouvernements RĂ©gionaux pour un DĂ©veloppement Durable (Nrg4sd), François Desrentes, estime par exemple qu’il faut « trouver d’autres stratĂ©gies de rĂ©duction d’émission des gaz Ă  effet de serre». « Associer diffĂ©rents Ă©chelons de gouvernance Â» apparaĂ®t, selon lui, comme la solution. « Aucun Etat ne peut atteindre ses engagements quantitatifs de rĂ©duction des gaz Ă  effet de serre sans l’action des collectivitĂ©s locales Â», explique de son cĂ´tĂ© le prĂ©sident de CitĂ©s et Gouvernements Locaux Unis (CGLU), Ronan Dantec. Les RĂ©gions peuvent avoir Ă©galement une vertu d’exemplaritĂ©, « elles indiquent la marche Ă  suivre aux Etats Â», souligne François Desrentes.

Les petits pas de l’UE

Au plan europĂ©en, la nĂ©gociation du paquet Ă©nergie-climat, adoptĂ© en dĂ©cembre 2008, s’est dĂ©roulĂ©e entre Etats. Après la conclusion de l’accord, l’Union europĂ©enne a fait un petit pas dans le sens de l’échelon local Ă  travers la Convention des maires lancĂ©e le 29 janvier 2008. AdressĂ©e aux maires des villes et communes de l’Union europĂ©enne, cette charte encourage les signataires Ă  s’engager officiellement Ă  dĂ©passer les objectifs des fameux « 3 x 20 Â» de l’Union europĂ©enne. Il y aurait plus de 1200 signataires Ă  ce jour, sachant que la liste n’est pas encore close. Des villes comme Hambourg ou Paris ont ainsi affichĂ© des objectifs ambitieux, avec respectivement 40% et 25% de rĂ©duction des Ă©missions de gaz Ă  effet de serre.

La commission Environnement du Parlement europĂ©en, a Ă©galement inclus dans sa rĂ©solution du 19 octobre 2009 sur la position de l’Union europĂ©enne Ă  la ConfĂ©rence de Copenhague, un amendement appelant Ă  promouvoir « l’engagement des villes et des collectivitĂ©s locales et rĂ©gionales dans le dĂ©veloppement et la mise en Ĺ“uvre de stratĂ©gies nationales sur le changement climatique Â». Le Conseil des ministres de l’Environnement, est allĂ© dans le mĂŞme sens, dans ses conclusions du 21 octobre 2009.

Une mobilisation récente à l’échelle internationale

La mobilisation pour la reconnaissance du rôle des Régions en matière d’environnement est récente. La conférence des Nations Unis sur le changement climatique de Montréal en 2005, a marqué l’amorce d’une coopération entre les grandes régions et les Etats fédérés, et une mobilisation pour la reconnaissance de l’échelon infra-étatique.

Le premier Sommet mondial des rĂ©gions sur le changement climatique Ă  Saint-Malo a suivi en octobre 2008. Un accord entre le PNUD et les rĂ©gions y a Ă©tĂ© conclu, constituant le premier pas vers un processus politique d’intĂ©gration des rĂ©gions du monde Ă  l’action globale contre le changement climatique. Ce sommet a aussi Ă©tĂ© marquĂ© par l’annonce de la crĂ©ation par le PNUD du centre mondial CLIMSAT, qui fournit aux RĂ©gions des donnĂ©es leur permettant de mettre en Ĺ“uvre leur politique climatique. Le premier programme onusien dĂ©diĂ© au niveau rĂ©gional, TACC (territorial approach of climate change), qui vise Ă  soutenir les transferts de compĂ©tences et de technologies vertes entre les rĂ©gions du Nord et du Sud, y a Ă©galement vu le jour.

La dĂ©claration de Poznan' de dĂ©cembre 2008, les deux sommets mondiaux des gouverneurs sur le climat de Los Angeles, en 2008 et 2009, Ă  l’initiative du gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger, ont marquĂ©un pas de plus vers la reconnaissance du rĂ´le des rĂ©gions. L’Appel de Belfort, lancĂ© par la PrĂ©sidente de l’AssemblĂ©e des RĂ©gions d’Europe (ARE), Michèle Sabban, le 27 novembre 2009, visait Ă©galement Ă  renforcer la mobilisation.

A Copenhague, les Ă©lus locaux ont voulu montrer leur prĂ©sence. CĂ´tĂ© français, une journĂ©e d’action a Ă©tĂ© organisĂ©e. Quant Ă  la prĂ©sence des RĂ©gions dans la nĂ©gociation, elle a Ă©tĂ© plutĂ´t efficace, selon Ronan Dantec, PrĂ©sident du Groupe de nĂ©gociation de CGLU sur le climat et chef de fil des nĂ©gociations pour les RĂ©gions Ă  Copenhague. Le sommet de Copenhague « n’a pas Ă©tĂ© une dĂ©faite des collectivitĂ©s Â», explique-t-il en prĂ©cisant qu’une mention dans le PrĂ©ambule de la Convention de Copenhague, qui devait initialement ĂŞtre retenue, reconnaissait le rĂ´le des RĂ©gions comme partie prenante dans la lutte contre le changement climatique.

Une pluralité de réseaux

De nombreuses organisations Ĺ“uvrent pour une reconnaissance internationale du rĂ´le des rĂ©gions dans la lutte contre le changement climatique: le Climate Group, le Forum Global d'Associations de RĂ©gions (FOGAR), le RĂ©seau de Gouvernements RĂ©gionaux pour un DĂ©veloppement Durable(Nrg4sd), CitĂ©s et Gouvernements Locaux Unis (CGLU), l'AssemblĂ©e des RĂ©gions d'Europe (ARE), le Programme des Nations unis pour le dĂ©veloppement (PNUD),  la feuille de route Bali–Poznan–Copenhague, bientĂ´t le nouveau R20… Et la liste n’est pas exhaustive.

Pour toute personne non avertie règne une certaine confusion, et ce d’autant plus que les axes de travail de ces organisations, réseaux, ou associations semblent similaires. Ils s’articulent autour du lobbying pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, et du développement de partenariats Nord-Sud.

Cette « confusion n’est qu’apparente Â», estime pourtant le directeur du Hub for Innovative Partnerships du PNUD Christophe Nuttall, « chaque organisation a une tâche bien dĂ©finie, une mission diffĂ©rente Â». A titre d'exemples, le Climate Group ou NRg4sd ont principalement une activitĂ© de lobbying, le PNUD dĂ©veloppe des projets sur le terrain dans les rĂ©gions du sud. Le FOGAR regroupe lui une quinzaine d’associations qui dĂ©fendent le rĂ´le des RĂ©gions alors que le CGLU serait son Ă©quivalent pour les villes. InterrogĂ© par EurActiv.fr sur la concurrence entre toutes ces organisations, le chef des nĂ©gociations sur le climat pour les RĂ©gions Ă  Copenhague, Ronan Dantec estime avoir parlĂ© d’une seule voix, au nom de l’ensemble des rĂ©seaux, lors de la nĂ©gociation et dĂ©fendu ainsi 12 amendements communs aux RĂ©gions.

La crĂ©ation du nouveau R20, annoncĂ©e le 14 dĂ©cembre 2009, en marge de la rĂ©union de Copenhague, s’inscrit donc dans un paysage dĂ©jĂ  marquĂ© par l’existence d’un certain nombre d’associations. Il reprĂ©sentera 20 grandes rĂ©gions du monde pour lutter contre le changement climatique et se rĂ©unira systĂ©matiquement Ă  chaque rĂ©union du G20. La Californie, le QuĂ©bec, Sao Paulo, Jiangzu (Chine),l’Etat de Delta (Nigeria), l’AlgĂ©rie, la RĂ©gion Ile-de-France, sont quelques uns de ses membres. 

Les réactions intervenues après la création du nouveau R20 démontrent que la complémentarité entre tous ces réseaux n’est pas toujours si évidente.

« Le risque du R20 est de voir prolifĂ©rer les rĂ©seaux Â», a dĂ©clarĂ© le prĂ©sident du FOGAR, Claudio Martini, lors de la rĂ©union organisĂ©e par le Conseil rĂ©gional d’Ile de France le 4 mars. Â« Il y a dĂ©jĂ  des rĂ©seaux importants, le R20 vient s’ajouter Ă  cette dimension internationale. Il faut essayer d’avoir des lieux oĂą l’on se retrouve tous, sinon le fait rĂ©gional restera minoritaire Â». Les rĂ©gions doivent donc rĂ©ussir le dĂ©fi de la coopĂ©ration. 

Pour François Desrentes de Nrg4sd, le R20 est une « parodie du G20 Â», un « pastiche Â», mĂŞme s’il admet que « si le R20 reste une initiative parmi d’autres, elle a son importance en termes de visibilitĂ© politique Â». Pour Christophe Nutall, le R20 va ĂŞtre « un club de RĂ©gions qui adhèrent au principe de mettre Ă  disposition les experts du Nord pour renforcer la capacitĂ© du Sud. Ce n’est pas le rĂ©seau des rĂ©seaux, ni une institution parapluie Â». L’enjeupour les rĂ©gions est, selon lui, de « travailler non seulement de façon complĂ©mentaire, mais aussi en synergie Â».

De son cĂ´tĂ©, la prĂ©sidente de l’AssemblĂ©e des RĂ©gions d’Europe, Michèle Sabban, dĂ©clare avoir toujours « eu la volontĂ© de rĂ©unir l’ensemble de ces rĂ©seaux de lobbying Â» en prenant la prĂ©sidence de l’ARE. « Le R20 peut contribuer Ă  tous nous rĂ©unir comme une grande fĂ©dĂ©ration des assemblĂ©es et des associations qui luttent ensemble dans le mĂŞme sens Â», ajoute-t-elle. 

Et maintenant ?

Le contexte international est marquĂ© par la dĂ©mission d’Yvo De Boer, et le fait que les chinois veuillent relancer les nĂ©gociations sur le climat. Les RĂ©gions sont donc aujourd’hui dans l’expectative.

« On est dans l’attente», indique Ronan Dantec, Ă©voquant la position de CitĂ©s du CGLU. Selon lui, la situation devrait ĂŞtre clarifiĂ©e au mois d’avril, après la ConfĂ©rence de Bonn. Une opinion partagĂ©e par François Desrentes de Nrg4sd. Plusieurs organisations dĂ©fendant le rĂ´le des RĂ©gions organiseront ainsi des confĂ©rences au mois d’avril pour dĂ©finir leur action Ă  venir.

La rĂ©union des Etats fĂ©dĂ©rĂ©s et rĂ©gions, le 4 mars Ă  Paris, sur le thème « Agir concrètement en matière de changement climatique : agenda et prioritĂ©s sur la route de la COP 16 au Mexique» s’est clĂ´turĂ©e avec l’adoption de la dĂ©claration d’Ile de France. Celle-ci indique que les RĂ©gions apportent leur soutien Ă  l’Union europĂ©enne pour que son rĂ´le soit renforcĂ© dans le cadre des nĂ©gociations internationales sur la lutte contre le changement climatique. Les rĂ©gions et Etats fĂ©dĂ©rĂ©s ont Ă©galement demandĂ© aux dirigeants europĂ©ens d’augmenter l’objectif de rĂ©duction des gaz Ă  effets de serre, et ce afin d’encourager les pays en dĂ©veloppement Ă  adopter des objectifs ambitieux. La dĂ©claration d’Ile-de-France appelle Ă©galement l’UE Ă  s’engager dès maintenant  sur la voie de l’économie verte.

Le R20 s’est rĂ©uni parallèlement, le mĂŞme jour, pour discuter de son avenir. Son statut sera celui d’une association de droit international, cependant le R20 cherchera Ă  se faire reconnaĂ®tre comme une organisation intergouvernementale par le système des Nations Unis. Un statut qui pourrait lui permettre d’être prĂ©sent auprès des Etats lors de la nĂ©gociation des textes internationaux, mĂŞme s’il ne pourra pas voter. Le R20 a Ă©galement dĂ©fini ses projets et souhaite s’inscrire dans une dĂ©marche de complĂ©mentaritĂ© par rapport aux rĂ©seaux existants. Il accompagnera les rĂ©gions des pays en dĂ©veloppement dans des projets sur le terrain et mettra en place un marchĂ© du carbone sur la base du volontariat. Le gouverneur de la Californie, Arnold Schwarzenegger, prĂ©sident honoraire du R20, a proposĂ© de tenir un sommet des rĂ©gions Ă  Los Angeles avant la confĂ©rence de Cancun pour amener les rĂ©gions du monde Ă  adhĂ©rer au R20.

« L’enjeu des nĂ©gociations n’est plus la reconnaissance internationale du rĂ´le des rĂ©gions Â», estime Ronan Dantec, chef des nĂ©gociations pour les RĂ©gions Ă  Copenhague. "Si les nĂ©gociations reprennent au niveau international, il ne fait aucun doute que tout comme Ă  Copenhague, le caractère fondamental de l’échelon infra-Ă©tatique sera reconnu", estime-t-il. « L’objectif aujourd’hui est de veiller Ă  ce que ce rĂ´le soit toujours reconnu lors de la prochaine rĂ©union sur le climat Ă  Mexico.  Les nĂ©gociations concernent l’obtention de mentions claires dans des chapitres très concrets, comme les Mesures d’attĂ©nuation appropriĂ©es au niveau national (NAMA), le dĂ©tail des mĂ©canismes financiers, la dĂ©forestation Â», dĂ©clare-t-il.

Pour François Desrentes, directeur chargĂ© des coopĂ©rations externes du RĂ©seau de Gouvernements RĂ©gionaux pour un DĂ©veloppement Durable (Nrg4sd), « les RĂ©gions se sont mobilisĂ©es, elles ont dĂ©fini une feuille de route commune et des projets communs. Elles ont Ă©tabli une sorte de plateforme commune au niveau infra-Ă©tatique. Elles ont une rĂ©elle volontĂ© de travailler ensemble, mĂŞme si les moyens sont très diffĂ©renciĂ©s Â».

« Il y a des faiseurs et des diseurs, les Etats fĂ©dĂ©rĂ©s et les RĂ©gions sont les faiseurs. Prenez l’exemple de la tempĂŞte Xynthia. Qui Ĺ“uvre aujourd’hui ? Ce sont les rĂ©gions ! Il est difficile pour l’Etat de faire bouger les choses, de par la lenteur de ses administrations Â», explique Michèle Sabban, prĂ©sidente de l’ARE et vice-prĂ©sidente du Conseil rĂ©gional d’Ile-de-France. « Les Etats sont assez essoufflĂ©s en matière de lutte contre le changement climatique. Les mieux placĂ©s pour rĂ©parer les dĂ©gâts et panser les plaies sont les RĂ©gions, et ce pour une raison bien simple, c’est elles qui ont le pouvoir d’actionner Â», ajoute-t-elle.

Pour le prĂ©sident du FOGAR, Claudio Martini, « le fait rĂ©gional ne perce pas l’écran, la seule solution est de produire des rĂ©sultats concrets, et de les porter Ă  l’attention des Etats et des mĂ©dias. Dans les prochaines confĂ©rences internationales sur le climat, nous devons mettre l’accent sur les rĂ©sultats Â».

"Les Etats sont assez heureux de pouvoir compter sur les collectivités locales, elles donnent une impulsion aux politiques publiques. Toutes les actions concrètes, c'est elles. Les Régions prennent du poids dans le débat, du fait de deux phénomènes combinés : la décentralisation leur a donné plus de pouvoir et elles ont acquis plus d'expérience sur des sujets transversaux, comme le climat. Dans le cadre des négociations internationales, on est sorti de la phase où seuls les Etats avaient le droit de s'exprimer. En même temps, on n'est pas encore passé dans une autre logique car les Régions n'ont souvent pas la capacité de signer ces conventions. On est dans un entre-deux, une phase intermédiaire", indique Marjorie Jouen, Chef de cabinet adjointe de la Présidente du Comité des Régions, conseillère au think tank Notre Europe.