CAILLE (Alpes-Maritimes) - Difficile de se faire un nom auprès des touristes quand on a pour voisins d'un côté la Côte d'Azur et de l'autre le parc national du Mercantour: c'est le défi insensé qu'ambitionne pourtant de relever le parc naturel régional (PNR) des Préalpes d'Azur.
Créé le 30 mars par décret ministériel, ce 48e PNR de France organisait dimanche une grande fête à Caille (Alpes-Maritimes) en présence de la ministre de l'Ecologie et du Développement durable, Delphine Batho.
Les Préalpes le savent: le vivier touristique est là. Les Alpes-Maritimes accueillent, en effet, de juin à septembre 4,5 millions de touristes, de 150 nationalités. Seulement, 90% d'entre eux privilégient le bord de mer et rechignent à s'en éloigner pour s'aventurer dans l'arrière-pays.
Pour le département, il est essentiel de promouvoir les richesses de l'intérieur. Le label PNR, obtenu après cinq ans d'efforts, est un atout incontestable. Entre Mercantour et littoral, ce territoire n'était pas réellement identifié, il y avait comme un manque, explique-t-on au Comité régional du Tourisme (CRT).
Contrairement aux dix parcs nationaux français, les PNR ne correspondent pas à une mise sous cloche de l'environnement naturel. Ils n'apportent aucune réglementation nouvelle aux habitants ou aux usagers.
L'objectif principal est un développement économique respectueux de l'environnement. En d'autres termes, les 45 communes du PNR, ainsi que le département et la région s'associent pour maintenir la vie dans les villages, favoriser les activités agricoles, forestières et artisanales, préserver les paysages et gérer les ressources naturelles de manière exemplaire.
Dimanche, Mme Batho a souhaité que la France reprenne sa marche en avant sur la création de PNR, car ils permettent d'unir tous les acteurs locaux sur un projet de développement durable.
La ministre en a profité pour rappeler que ce dispositif, créé il y a 45 ans par le général de Gaulle pour mettre en valeur des territoires ruraux habités, était très particulier à la France.
Si elle est venue inaugurer un PNR dont le décret de création a été signé par l'ancien gouvernement, elle espère bien impulser de nouveaux projets et montrer qu'il existe une continuité dans la volonté de la France de mettre en valeur des territoires remarquables.
Si, au premier coup d'oeil, les Préalpes d'Azur peuvent sembler arides, elles abritent pourtant des milieux très riches. Avec 130 espèces d'oiseaux et plus de 2.000 espèces végétales, soit un tiers de la flore française, elles ont de quoi séduire promeneurs et vététistes.
Sur le plateau de Caussols, au coeur du PNR, les fritilaires, petites tulipes pourpres, côtoient de délicates pivoines officinales, tandis que sariette, lavande et serpolet aromatisent un fond de l'air dont la fraîcheur contraste agréablement avec la canicule du littoral.
Paradoxe: alors que la côte se peuple et se construit de plus en plus, le plateau de Caussols, lui, devient de plus en plus boisé.
S'y plaisent de nombreuses espèces animales: la vipère d'Orsini, petit serpent d'une cinquantaine de centimètres au venin inoffensif pour l'homme, la marmotte, le circaète Jean-le-Blanc, un aigle qui se nourrit de serpents, ou encore l'alouette des champs.
Preuve que la zone abrite une faune et une flore exceptionnelles, une partie, baptisée les Préalpes de Grasse, a rejoint en 2003 le réseau européen Natura 2000, dont la réglementation spécifique vise à la préservation des espèces.
Visitez en images le parc naturel régional des Préalpes d'Azur





