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Le changement climatique et les régions de l’EU

Menées par les villes, les régions de l’UE jouent un rôle décisif dans la lutte contre le changement climatique, prenant des décisions d’investissement clés concernant la nouvelle génération d’énergie propre et les projets de transport.

Menées par les régions urbaines, les autorités locales prennent les choses en main de plus en plus souvent, expérimentant avec des initiatives vertes innovantes, coopérant avec les entreprises privées et partageant entre elles la pratiques éprouvées de façon à mener la lutte contre le changement climatique sur le terrain.

Pendant que les régions et les villes prennent un certain nombre de pas de leur propre accord, on assiste également à une reconnaissance accrue des autorités nationales et européennes du fait que ces efforts doivent être soutenus. En tant que tel, l’UE cible de plus en plus des fonds pour ces efforts stratégiques régionaux.

Les régions font entendre leurs voix

Le niveau infra-étatique n’a habituellement pas fait partie de l’élan global visant à combattre le changement climatique, mais ceci change dernièrement (voir EurActiv France).

C’est dans le Traité de Lisbonne que, pour la première fois, on voit une référence spécifique à l’importance des régions dans les processus décisionnels de l’UE, menant à des actions plus affirmées à travers le spectre politique.

Les stratégies sur le changement climatique peuvent bien être décidées au niveau de l’UE, mais c’est au niveau régional que l’action réelle est entreprise, soutient Michèle Sabban, présidente de l’Assemblée des Régions d’Europe (ARE).

En fait, l’UE a déjà parcouru une certaine distance menant à donner plus de pouvoirs aux régions afin de lutter contre le changement climatique. Par exemple, les fonds structurels et les fonds de cohésion pour la période 2007-2013 ont désigné 100 milliards d’euros pour soutenir l’éco-innovation, les mesures de protection du risque environnemental, les technologies propres et les entreprises au niveau local.

Pendant que de longues négociations internationales prennent place, les régions s’endettent pour se préparer au travail et agissent sur de nombreuses questions clés liées à l’énergie, subventionnant les investissements énergétiques locaux, les politiques d’innovation et d’éducation, la passation de marchés, le transport, la conscientisation et la mise en œuvre de stratégies renouvelables utilisant des ressources locales.

Les villes ouvrent la voie

Des études ont montré que les villes émettent trois quarts de l’ensemble des gaz à effet de serre, consomment une part disproportionnée des ressources naturelles par rapport à leur surface et doivent par conséquent jouer un rôle important dans l’atténuation du réchauffement global. La plupart des émissions provenant des villes peuvent être mises sur le compte de systèmes énergétiques et systèmes d’isolation inefficaces.

Par suite, améliorer l’efficacité énergétique dans les bâtiments est devenu une part centrale des efforts de l’UE pour lutter contre le changement climatique, premièrement sous le protocole de Kyoto puis plus tard avec l’engagement visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20% d’ici 2020. La Commission européenne estime que le secteur du bâtiment compte pour près de 40% de la consommation énergétique totale de l’UE.

La Directive de 2002 sur la performance énergétique des bâtiments est la pierre angulaire de la législation européenne sur l’économie d’énergie dans le secteur du bâtiment (voir EurActiv LinksDossier).

D’autres innovations abondent. Stockholm et New York, par exemple, dépendent de plus en plus des technologies de l’information et des communications (TIC) pour gérer les zones de trafic à basses émissions.

La vice maire de Londres Nicky Gavron, qui est généralement perçue comme une pionnière en ce qui concerne la planification d’une ville durable a dit que les villes pourraient avoir plus de facilité à remplir les objectifs environnementaux ambitieux. La raison, a-t-elle expliqué, réside dans le fait que les villes ont la capacité de planifier. Ce sont elles qui dirigent la plupart des infrastructures environnementales – et qui les construisent. Elles dirigent les transports. Elles possèdent également leur densité de propriété, d’activités et de population, ce qui signifie que ce sera plus facile – d’une certaine manière – de réduire les émissions dans les villes.

Le pacte des maires

Les villes européennes ont déjà entrepris des pas significatifs pour la réduction de leurs émissions. Depuis février 2009, plus de 350 villes ont coordonné leurs actions dans un engagement visant à réduire leurs émissions de gaz CO2 de plus des 20% que l’UE se donne comme objectif pour 2020.

Le Pacte des maires, qui est à l’origine une initiative de la Commission européenne, reconnaît que les villes ont une responsabilité particulière dans la lutte contre le changement climatique

Ces initiatives ont encouragé l’UE à passer aux actes et s’impliquer financièrement : en 2009, la Banque européenne d’investissement (BEI) a annoncé la mise en place d’un fond d’aide de 15 millions d’euros pour soutenir le développement de l’efficacité énergétique et les projets d’énergie durable dans les villes et régions européennes. La BEI a également promis de renforcer ses activités de prêts ordinaires au secteur.

100 milliards d’euros de financements régionaux est également mis à disposition pour la période 2007-2013 pour soutenir l’éco-innovation, les mesures de protections contre les risques environnementaux, les technologies propres et les entreprises au niveau local.

Les régions coopèrent avec l’industrie

Le secteur privé a pris note de ces développements, et beaucoup de corporations multinationales se penchant sur des solutions basées sur l’énergie verte traitent désormais directement avec le niveau régional.

Les gouvernements régionaux vont travailler main dans la main avec les entreprises pour déployer des technologies pauvres en carbone, et ce même en l'absence de pacte global sur la réduction des gaz à effet de serre.

Un exemple est le partenariat mis en place par l’ARE et GE Energy, qui vise à soutenir la stratégie environnementale de l’UE en mettant en œuvre des solutions européennes aux niveaux régionaux et locaux.

Ricardo Cordoba, président de GE Energy pour l’Europe Occidentale et l’Afrique du Nord, a soutenu que les expertises des grandes entreprises peuvent jouer un rôle vital dans l’accomplissement d’objectifs régionaux concrets.

Il revendique que les relations comme celles entre GE Energy et l’ARE ouvrent des portes entre les décisionnaires régionaux et l’expertise de GE Energy, fournissant un forum pour l’échange de connaissances, d’expériences et de points de références. Il est temps d’agir, et nous pensons que cette relation est un énorme pas en avant en faveur du soutien de nos gouvernements et de la confrontation frontale du changement climatique.

Dans son rapport 'A Vision of Smarter Cities', IBM encourage les villes à utiliser les nouvelles technologies afin d’optimiser l’utilisation de leurs ressources limitées telles l’eau et l’énergie ou à mieux gérer le trafic autoroutier.

Les régions rurales en rattrapage

Les régions rurales ont aussi un rôle majeur à jouer dans la réduction des émissions de carbone. La Commission soutient que l’agriculture européenne sera parmi les premiers secteurs à être affecté par le changement climatique, comprenant deux séries d’impacts attendus :

Diminution de la chute de pluie, qui devrait devenir un sérieux problème dans de nombreuses régions.
Une augmentation des vagues de chaleurs, sécheresse, orages et inondations.
Par conséquent, les régions majoritairement rurales doivent être inclues dans l’image globale, insistent les cadres de l’UE. La Politique Agricole Commune de l’UE (PAC) devrait être réformée de manière à débloquer le potentiel des zones rurales afin de contribuer à l’objectif de croissance économique de la stratégie de l’Union pour 2020 – comprenant ses ambitions concrètes de réduction de carbone – a dit la Commission.

Les cadres de l’UE pensent qu’une politique de développement rural dépoussiérée pourrait contribuer à la stratégie Europe 2020 en encourageant les technologies vertes et innovantes, en investissant dans les connaissances, la formation et l’entreprenariat ainsi qu’en améliorant la compétitivité en soutenant les agriculteurs qui utilisent et gèrent les ressources de manière durable.

Les fonctionnaires européens insistent sur le fait que les politiques de l’UE doivent être réformées afin d’aider au développement d’une économie rurale pauvre en carbone et afin de débloquer le potentiel plus vaste des zones urbaines.

Les développements ruraux futurs nécessitent un soutien accru pour la compétitivité de manière durable par rapport à l’environnement, ont-ils noté, citant la possibilité de fournir de l’aide pour des investissements dans les énergies renouvelables tels le biogaz, pour aider les agriculteurs à produire leur propre énergie à partir d’engrais naturel.