L'édition 2010 du rapport annuel de l'énergie de BP, qui constitue une référence pour les observateurs du secteur, est parue. La présentation s'est faite ce matin à Londres, sans Tony Hayward retenu pour cause de marée noire.
Principale conclusion de bilan de l'année 2009 du secteur énergétique : la consommation mondiale globale d'énergie primaire a baissé de 1,1% l'année dernière. Le mouvement est «rare» et n'avait pas été observé depuis 1982. Du coup, les émissions de gaz carboniques issues de ces industries ont diminué pour la première fois depuis 1998.
Dans les pays industrialisés de l'OCDE, la consommation affiche un recul de 5 %, tombant sous les niveaux d'il y a dix ans. Hors de la zone OCDE, la consommation d'énergie a progressé de 2,7%, évolution portée par la croissance de la Chine. « L'évolution en faveur des pays en développement se poursuit » a observé le chef économiste de BP, Christoph Ruehl, lors de la présentation du rapport.
Le recul de la consommation concerne quasiment toutes les sources d'énergies, pétrole, gaz naturel et énergie nucléaire tandis que la consommation de charbon a stagné. En revanche, les consommations d'énergie hydroélectrique et d'énergies renouvelables ont progressé.
Recul historique du gaz naturel
Avec 1,2 million de barils en moins par jour en 2009 (1,7 %), la consommation de pétrole a enregistré sa plus forte baisse en volume depuis 1982. Dans les pays de l'OCDE, le recul a atteint 2 millions de barils par jour (4,8%), ce qui marque la quatrième baisse annuelle consécutive, tandis qu'hors OCDE, la croissance a ralenti à +2,1 %, soit l'évolution la plus faible depuis 2001. Côté production, la baisse est encore plus marquée (-2,6% et 2 millions de barils par jour), tombant également à ses niveaux de 1982. A la fin 2009, les réserves mondiales de pétrole étaient de 1.333 milliards de barils, soit une hausse de 0,05% par rapport à l'estimation de l'année précédent. De quoi assurer pendant 45,7 ans la production de 2009.
Le gaz naturel est le carburant qui a connu le déclin le plus rapide de consommation, s'affaissant de 2,1 %, un record de baisse. Le phénomène a été observé dans toutes les régions du monde à l'exception du Moyen-Orient et de l'Asie-Pacifique, mais c'est en Russie que la plus forte baisse a été enregistrée (-6,1 %). De même, la production mondiale de gaz affiche un ralentissement historique. En Russie, la production a reculé de 12,1% et au Turkménistan de près de 50%. Les réserves actuelles de gaz couvrent 62,8 années de production.
Le directeur d'exploitation et responsable du raffinage et de la commercialisation, Iain Conn, a estimé que «le monde a besoin d'investir aujourd'hui pour être en mesure d'obtenir les ressources qui seront nécessaires à l'avenir». «Les évènements récents dans le golfe du Mexique, néanmoins, montrent que l'accès à certaines sources d'énergie demandera certainement des mesures améliorées pour assurer la sécurité des opérations et l'aptitude à sauvegarder l'environnement».





