Après près de trois mois d’attente, la Chine et l’Inde ont finalement annoncé qu’elles désiraient être associées à l’Accord de Copenhague, texte non contraignant conclu à la dernière minute lors du dernier sommet des Nations Unies sur le changement climatique.
La Chine et l’Inde ont rejoint la presque totalité des autres grands émetteurs de gaz à effet de serre mardi en signant l’accord sur le climat conclu au sommet de Copenhague, redynamisant un accord fortement soutenu par les Etats-Unis.
Plus de cent nations ont désormais signé l’Accord de Copenhague, un accord non contraignant atteint après deux semaines de négociations compliquées, organisées par les Nations Unies, lors d’un sommet regroupant 194 pays au Danemark en décembre dernier.
L’accord prévoit que les pays développés accordent une aide de 100 milliards de dollars par an pour les nations en développement d’ici 2020 pour les aider à gérer le changement climatique et ses conséquences.
Il prévoit également de limiter le réchauffement climatique à 2°C par rapport au niveau préindustriel, mais ne précise aucun objectif chiffré de réduction des émissions pour atteindre cet objectif.
Le Ministre indien de l’environnement, Jairam Ramesh, a déclaré au Parlement que l’Inde était également favorable pour intégrer la liste des pays dits « associés » mentionnés sur l’accord de Copenhague, un document de trois pages.
« Cela renforcera notre position pour les négociations sur le changement climatique » a-t-il ajouté.
Le négociateur chinois Su Wei a écrit une lettre d’une phrase au Secrétariat du Changement Climatique des Nations Unies disant que ce dernier pouvait « inclure la Chine à la liste ».
La Chine, les Etats-Unis, l’Union Européenne, la Russie et l’Inde sont les principaux émetteurs de gaz à effet de serre accusés d’être responsables du changement climatique, principalement à cause du dioxyde de carbone émis par la combustion de carburants fossiles.
Parmi ces principaux émetteurs, seule la Russie ne s’est pas encore associée à l’accord de Copenhague.
Ces approbations représentent une légère dynamisation pour l’Accord, qui selon les écologistes est un résultat bien maigre pour un sommet au cours duquel de nombreuses nations espéraient élaborer un traité contraignant pour lutter contre le changement climatique.
Elles n’indiquent en effet pas comment ou quand les nations pauvres et riches se mettront d’accord sur un mécanisme contraignant de lutte contre le changement climatique, qui entraînera selon les scientifiques de multiples sécheresses, inondations, tempêtes, canicules et une augmentation du niveau de la mer.
La Chine et l’Inde ont préféré depuis Copenhague mettre l’accent sur la suprématie de la Convention Climatique des Nations Unies de 1992, qui insiste sur le fait que c’est aux pays riches de réduire leurs émissions.
Jairam Ramesh a répété que le soutien de l’Inde à l’accord de Copenhague n’était que très mitigé.
« L’Accord est un document politique. Ce n’est pas un modèle de résultats » a-t-il déclaré, en ajoutant qu’il ne pouvait pas supplanter des années de discussions menées par les Nations Unies pour construire un nouveau traité contraignant.
En revanche, les Etats-Unis, qui veulent que les économies majeures en développement telles que la Chine et l’Inde s’engagent à limiter leurs émissions, ont déclaré que l’Accord serait un guide pour les discussions concernant le nouveau traité.
Les Etats-Unis ont ainsi demandé « une plus grande formalisation de l’Accord » lors du prochain meeting climatique des Nations Unies à la fin de l’année 2010 au Mexique.
Les progrès réalisés concernant l’élaboration d’un nouveau traité sont arrivés à un point mort, notamment parce que le Sénat américain doit encore décider s’il décide de limiter les émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis.
A la fin du Sommet de Copenhague, le groupe de nations dit BASIC, la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud et le Brésil, s’est joint aux Etats-Unis, à l’Union Européenne et à un petit nombre d’autres pays pour conclure l’Accord de Copenhague.
Mais le texte n’a fait l’objet que d’une « prise en compte » par le sommet dans son ensemble, après de nombreuses objections de la part de nations en développement, dont le Soudan, l’Equateur et le Venezuela. Pour trouver un compromis, il a été décidé que les nations souhaitant être « associées » à l’accord seraient listées au début du texte.





