«La Suisse est fortement en retard dans la mise à disposition de capacités de production de nouvelles énergies renouvelables.» Alain Sapin, directeur du secteur énergie du groupe E (Fribourg-Neuchâtel), qui s’exprimait jeudi à Lausanne dans le cadre d’une conférence-débat organisée par l’Association des entreprises électriques suisses (AES), est bien placé pour faire ce constat. Chargé de finaliser le projet d’un parc éolien dans la région du lac Noir, il se heurte à de fortes oppositions.
Cette impatience face au blocage du développement des énergies renouvelables est nouvelle au sein des grands producteurs d’énergie en Suisse, soudain devenus de chauds partisans des énergies vertes. Cette impatience s’explique par l’ouverture du marché, qui augmente la volatilité du prix boursier des différentes énergies, et la prochaine échéance des contrats d’approvisionnement en énergie nucléaire française bon marché. Chaque producteur cherche donc à augmenter sa part de production interne et se tourne obligatoirement vers les nouvelles énergies renouvelables.
La concurrence pour obtenir des sites propices à l’installation de parcs éoliens se durcit et provoque une certaine spéculation. La Suisse, faute d’incitations financières publiques claires et efficaces, et de procédures rapides d’autorisations, prend du retard, constatent les acteurs de la branche. Les nouvelles énergies renouvelables représentent moins de 1% de la consommation totale helvétique, contre 4% en Autriche, 10% en Allemagne, et plus de 13% en Nouvelle-Zélande.
Plus de 5000 projets sont bloqués à Berne car l’enveloppe de 320 millions de francs par an est déjà épuisée. Les deux Chambres parlementaires sont divisées sur la question, ce qui retardera de plusieurs années une rallonge de 120 millions.





