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Comment intégrer les territoires au processus d’une transition écologique porteuse de croissance ?

Comment intégrer les territoires au processus d’une transition écologique porteuse de croissance ?

« La FEDRE a été créée en 1996 au moment de la transformation politique à l’est de l’Europe. Nous nous sommes alors fortement inquiétés de l’usage qui allait être fait de ces nouvelles libertés, d’où la création d’une structure qui prenne la forme d’une passerelle entre le monde institutionnel et les acteurs économiques. Nous nous sommes rendus jusqu’en Sibérie pour expliquer aux autorités et aux différents acteurs qu’une politique environnementale bien menée avait une valeur économique.

Nous utilisons beaucoup la notion de mix énergétique pour signifier que nous sommes raisonnables et que nous n’excluons aucune source énergétique. En réalité, en termes de communication, il existe les « bonnes » énergies renouvelables (éolien et solaire). Mais, dans mon pays, la Suisse, 40 % de l’énergie utilisée est de source nucléaire. En Suisse et en Allemagne, le discours français de décroissance nucléaire est perçu comme un aveu d’échec. En effet, si la France, pays leader dans ce domaine, tient ce discours-là, c’est qu’elle n’y croit plus. Le nucléaire est présenté comme une énergie à laquelle on doit renoncer alors que, ce matin-même, nous avons évoqué la notion de socle énergétique. Dès lors, s’il faut vraiment renoncer au nucléaire, que faire des ingénieurs dont nous avons besoin, ne serait-ce que pour gérer les infrastructures actuelles ou les démanteler ? Dans le domaine du nucléaire, la France, en tant que pays leader, porte une responsabilité évidente. Tout le monde a besoin que la France persévère dans la recherche et notamment dans le traitement des déchets. Nous ne pouvons tourner la page du nucléaire aussi facilement et rapidement. En outre, la promotion de l’éolien et du solaire par les Allemands finit par mettre le secteur hydraulique en difficulté, qui reste pourtant la première énergie renouvelable et joue un rôle considérable dans le massif alpin (en Suisse, 55 % de la production électrique est d’origine hydraulique). Ainsi, s’il faut instaurer de la rigueur dans le message, il faut accompagner la loi sur la transition énergétique d’une information différente qui montre les choses telles qu’elles sont.

Par ailleurs, on ne peut réussir une telle transition énergétique, composante d’un changement de société radical, sans appui démocratique. Sans la légitimité du peuple souverain, vous ne pouvez pas fonctionner de la même manière : des minorités prennent alors une importance démesurée par rapport à l’ensemble de la population. C’est la raison pour laquelle nous avons tout à gagner à élargir le débat démocratique dans la proximité territoriale, où il devient plus efficace. »

Extrait de l'intervention de Claude Haegi

16èmes Rencontres parlementaires de l'Energie
Energie, Climat, Croissance
4 novembre 2015, Paris