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Claude Haegi au Forum international de Rhodes : « Dialogue des Civilisations et Cultures et Migrations »

Claude Haegi au Forum international de Rhodes : « Dialogue des Civilisations et Cultures et Migrations »

Un exposé de Claude Haegi, Président de la FEDRE, présenté au Forum de Rhodes, le 5 octobre 2012

Avant d'aborder le thème de mon exposé tourné vers l'énergie, je désire faire quelques brèves remarques en échos au discours d'ouverture de ce forum, du Président Vladimir Yakounine. Il a relevé, avec pertinence à mon sens, que le maintien de la diversité des civilisations était une condition de la réussite des changements globaux.

Venant de Genève, je ne peux m'empêcher d'évoquer l'écrivain des Lumières et citoyen genevois Jean-Jacques Rousseau, dont on fête cette année le 300e anniversaire de la naissance. L'auteur du Contrat social écrivait que « l'ordre social est un droit sacré, qui sert de base à tous les autres ».

En ces temps de grandes transformations dites « globalisantes » de nos sociétés, il nous faut garder en mémoire quelques préceptes élémentaires comme celui-ci dans la lettre à d'Alembert en 1758 : « Avant de détruire un usage établi, on doit avoir bien pesé ceux qui s'introduiront à sa place ». Sans y répondre, j'observe que la question demeure depuis quelques années, d'une brûlante actualité internationale. N'y aurait-il pas des printemps qui déchantent ?

Le dialogue des civilisations et des cultures ne doit pas réduire leur diversité. Il ne vise pas à faire émerger une sorte de culture mondiale basée sur la globalisation et le métissage. Le philosophe suisse Denis Rougemont, l'homme de ce dialogue européen des années 50 n'employait par exemple jamais l'adjectif « interculturel » qui à mon avis n'est pas un objectif réaliste et qui peut engendrer des frustrations et des tensions.

Il s'agit au contraire de consolider l'enracinement des personnes dans leur région d'origine. Cela ne signifie pas un repli. Des migrants pourront être accueillis, mais ils le seront par des populations fortes d'une identité qu'ils n'accepteront pas d'affaiblir ou de brouiller. Sinon, comme l'avait anticipé Rousseau, l'ordre social est mis à mal et tout le monde en souffrira.

J'ajoute au sujet des migrations réussies que comme le relevait une personnalité intellectuelle africaine celle-ci ne peuvent l'être qu'à partir du choix et des volontés locales.