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Appel urgent : pour un Pacte énergétique suisse
30.06.2009
L’observation des photos comparatives montrant l’évolution de la fonte des glaciers alpins est édifiante. La multiplication de très violents orages et les dégâts qu’ils ont provoqués sont impressionnants. Le climat a changé et le réchauffement de la planète peut générer une catastrophe écologique mais aussi économique sans précédent.
La FEDRE a depuis longtemps situé les choix énergétiques à venir par rapport à cet enjeu planétaire et ce fut notamment la raison d’être de ses Forums internationaux.
La politique énergétique suisse fait, depuis plusieurs années, l’objet d’un difficile et stérile débat dominé par des attitudes partisanes, voire dogmatiques, minimisant l’effet des économies d’énergies dans les domaines de la construction, des équipements et de la mobilité dans lesquelles nous détenons des réserves considérables. Quant aux énergies renouvelables, certains milieux s’emploient à en banaliser le potentiel, tournant ainsi le dos à des technologies porteuses de développements économiques et créatrices d’emplois. Ces confrontations, qui ont pour effet de retarder la mise en place indispensable d’une politique consolidant l’autonomie du pays, peuvent au contraire se solder par une plus grande dépendance. La Suisse devrait alors se satisfaire des énergies venant de l’étranger, sans en maîtriser l’origine et le coût en espérant que ses lignes électriques en permettront le passage. Dans ce contexte, sans exagérer, des scénarios de pénurie ne sont pas à exclure.
Nos Alpes nous offrent environ 60% d’hydroélectricité. Le nucléaire répond à près de 40 % de nos besoins. Certes les autres énergies se développent, mais de manière totalement insuffisante. Si la position de l’hydroélectricité est en général incontestée, celle du nucléaire provoque des réactions parfois vives. Que faire ? En sortir immédiatement et le remplacer ? Par quoi ? D’abord soyons moins énergivores. La société à 2000 watts n’est pas une utopie. N’est-elle pas née au sein des Ecoles polytechniques fédérales ? Ensuite inspirons-nous du dynamisme et de la détermination de plusieurs pays de l’Europe du Nord, du Grenelle de l’environnement en France, évaluons comme vient de le faire Neuchâtel l’isolation des bâtiments grâce à la thermographie aérienne et hissons les investissements pour l’énergie solaire, les éoliennes, la biomasse ou la géothermie au niveau du nucléaire.
Transformons les toits du pays et les façades avec les nouveaux matériaux, supports de cellules photovoltaïques permettant l’autonomie énergétique des bâtiments. Généralisons le recours au solaire thermique, simple et rapidement amortissable. Examinons une tarification avec un prix moyen du kWh favorisant une dynamisation du solaire qui n’a pas besoin du soleil du sud pour nous offrir une électricité propre. Soutenons les activités industrielles de ces secteurs pour placer à nouveau la Suisse dans le peloton de tête des énergies modernes. Dans ce cas-là , mais dans ce cas-là seulement, nous pourrions admettre qu’une part du « bouquet » énergétique comporte une part de nucléaire, qui progressivement pourrait passer de 40 à 25 puis 20 % en quelques décennies. Cette production serait fournie par les actuels industriels de la branche qui poursuivraient ensemble leurs efforts de recherche pour en maîtriser complètement le cycle. Des regroupements de partenaires pourraient se réaliser et la construction d’une nouvelle centrale évitée, grâce au maintien d’une partie de celles qui existent, aux actuelles technologies d’économies et de renouvelables, ainsi que par l’apport déterminant du gaz naturel.
En effet, dans les années à venir, le gaz apparaît comme une heureuse opportunité et une bonne énergie de transition qui, si elle dégage certes du CO2 mais de manière beaucoup plus limitée que le fuel, permet d’assurer momentanément et rapidement la sécurité énergétique en attendant les nouveaux développements technologique. Telle est la stratégie qu’il faut mettre en oeuvre. Et sans attendre !
Ce sujet est majeur, c’est pourquoi la FEDRE lance un appel solennel en faveur de la conclusion rapide d’un Pacte énergétique en Suisse, qui serait également utile dans d’autres pays, entre tous les acteurs concernés, lui assurant son approvisionnement, une plus grande indépendance, tout en protégeant son environnement. La notion de Pacte a rythmé l’histoire de la Confédération : nous savons qu’elle a pour avantage d’unir ceux qui étaient divisés autour d’un objectif commun répondant aux dangers du moment. Cela signifie bien entendu des concessions et un peu d’humilité de part et d’autre. Nous souhaitons aujourd’hui créer une dynamique de cette nature en fédérant tous les milieux concernés – politique, économiques, associations – autour d’un nouvelle politique énergétique pour la Suisse, en phase avec le développement durable dans ses trois dimensions : économique, environnementale et sociale.
Claude Haegi
Président de la FEDRE
L’observation des photos comparatives montrant l’évolution de la fonte des glaciers alpins est édifiante. La multiplication de très violents orages et les dégâts qu’ils ont provoqués sont impressionnants. Le climat a changé et le réchauffement de la planète peut générer une catastrophe écologique mais aussi économique sans précédent.La FEDRE a depuis longtemps situé les choix énergétiques à venir par rapport à cet enjeu planétaire et ce fut notamment la raison d’être de ses Forums internationaux.
La politique énergétique suisse fait, depuis plusieurs années, l’objet d’un difficile et stérile débat dominé par des attitudes partisanes, voire dogmatiques, minimisant l’effet des économies d’énergies dans les domaines de la construction, des équipements et de la mobilité dans lesquelles nous détenons des réserves considérables. Quant aux énergies renouvelables, certains milieux s’emploient à en banaliser le potentiel, tournant ainsi le dos à des technologies porteuses de développements économiques et créatrices d’emplois. Ces confrontations, qui ont pour effet de retarder la mise en place indispensable d’une politique consolidant l’autonomie du pays, peuvent au contraire se solder par une plus grande dépendance. La Suisse devrait alors se satisfaire des énergies venant de l’étranger, sans en maîtriser l’origine et le coût en espérant que ses lignes électriques en permettront le passage. Dans ce contexte, sans exagérer, des scénarios de pénurie ne sont pas à exclure.
Nos Alpes nous offrent environ 60% d’hydroélectricité. Le nucléaire répond à près de 40 % de nos besoins. Certes les autres énergies se développent, mais de manière totalement insuffisante. Si la position de l’hydroélectricité est en général incontestée, celle du nucléaire provoque des réactions parfois vives. Que faire ? En sortir immédiatement et le remplacer ? Par quoi ? D’abord soyons moins énergivores. La société à 2000 watts n’est pas une utopie. N’est-elle pas née au sein des Ecoles polytechniques fédérales ? Ensuite inspirons-nous du dynamisme et de la détermination de plusieurs pays de l’Europe du Nord, du Grenelle de l’environnement en France, évaluons comme vient de le faire Neuchâtel l’isolation des bâtiments grâce à la thermographie aérienne et hissons les investissements pour l’énergie solaire, les éoliennes, la biomasse ou la géothermie au niveau du nucléaire.
Transformons les toits du pays et les façades avec les nouveaux matériaux, supports de cellules photovoltaïques permettant l’autonomie énergétique des bâtiments. Généralisons le recours au solaire thermique, simple et rapidement amortissable. Examinons une tarification avec un prix moyen du kWh favorisant une dynamisation du solaire qui n’a pas besoin du soleil du sud pour nous offrir une électricité propre. Soutenons les activités industrielles de ces secteurs pour placer à nouveau la Suisse dans le peloton de tête des énergies modernes. Dans ce cas-là , mais dans ce cas-là seulement, nous pourrions admettre qu’une part du « bouquet » énergétique comporte une part de nucléaire, qui progressivement pourrait passer de 40 à 25 puis 20 % en quelques décennies. Cette production serait fournie par les actuels industriels de la branche qui poursuivraient ensemble leurs efforts de recherche pour en maîtriser complètement le cycle. Des regroupements de partenaires pourraient se réaliser et la construction d’une nouvelle centrale évitée, grâce au maintien d’une partie de celles qui existent, aux actuelles technologies d’économies et de renouvelables, ainsi que par l’apport déterminant du gaz naturel.
En effet, dans les années à venir, le gaz apparaît comme une heureuse opportunité et une bonne énergie de transition qui, si elle dégage certes du CO2 mais de manière beaucoup plus limitée que le fuel, permet d’assurer momentanément et rapidement la sécurité énergétique en attendant les nouveaux développements technologique. Telle est la stratégie qu’il faut mettre en oeuvre. Et sans attendre !
Ce sujet est majeur, c’est pourquoi la FEDRE lance un appel solennel en faveur de la conclusion rapide d’un Pacte énergétique en Suisse, qui serait également utile dans d’autres pays, entre tous les acteurs concernés, lui assurant son approvisionnement, une plus grande indépendance, tout en protégeant son environnement. La notion de Pacte a rythmé l’histoire de la Confédération : nous savons qu’elle a pour avantage d’unir ceux qui étaient divisés autour d’un objectif commun répondant aux dangers du moment. Cela signifie bien entendu des concessions et un peu d’humilité de part et d’autre. Nous souhaitons aujourd’hui créer une dynamique de cette nature en fédérant tous les milieux concernés – politique, économiques, associations – autour d’un nouvelle politique énergétique pour la Suisse, en phase avec le développement durable dans ses trois dimensions : économique, environnementale et sociale.
Claude Haegi
Président de la FEDRE
| Fichier attaché | Taille |
|---|---|
| pacte.pdf | 21.78 Ko |






